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Crise à la Fédération de Taekwondo : Le COMSFIT sort l’artillerie lourde contre Jean-Marc Yacé

À deux semaines des assemblées générales de la Fédération ivoirienne de taekwondo (FITKD), prévues le 15 novembre prochain, la tension ne faiblit pas entre le bureau sortant et une partie des membres statutaires. Réuni autour de son président, Me Kouadjan Jean Marie Addé, le Collectif des membres statutaires de la Fédération ivoirienne de taekwondo (COMSFIT) est monté au créneau. Il réclame des garanties pour assurer la transparence, l’impartialité et le caractère inclusif des assises devant conduire au renouvellement des instances dirigeantes.

Lors d’un point de presse organisé vendredi 30 octobre 2026, au stade Félix-Houphouët-Boigny, au Plateau, à Abidjan, le président du Collectif et son secrétaire général, Silué Issouf, ont présenté leurs « mesures fortes et vigoureuses » pour prévenir toute contestation et éviter un nouvel enlisement de la crise.

La tutelle appelée à jouer les arbitres

Face aux tensions qui secouent la faîtière du taekwondo ivoirien, le COMSFIT interpelle directement le ministère des Sports, qu’il considère comme le « juge, arbitre et décideur en dernier ressort ». Le Collectif souhaite notamment la mise en place d’un cadre organisationnel précis pour encadrer les deux assemblées générales cumulées, portant sur la reprise de celle de 2024 et l’examen du bilan de l’exercice 2025.

Il exige également la fiabilisation des listes officielles des membres actifs au titre des années 2024 et 2025, ainsi que la supervision des travaux par un commissaire de justice désigné par la tutelle et un organe indépendant de contrôle.

Autre exigence : l’encadrement de la révision des textes de la fédération. Pour le COMSFIT, les modalités de formulation des propositions et leur examen contradictoire doivent être clairement définis. Le Collectif insiste aussi sur la nécessité de préciser, avant la première assemblée, les conditions de désignation, la composition et les missions du comité électoral.

Dans le même esprit, il préconise une feuille de route engageant toutes les parties à faire preuve de responsabilité, de retenue et de bonne foi. Pour prévenir toute tentative d’intimidation ou de manipulation, il réclame le vote à bulletin secret comme unique mode d’adoption des décisions.

Yacé dans le viseur du Collectif

Au-delà des exigences organisationnelles, le COMSFIT s’en prend ouvertement à la gestion du Grand maître Jean-Marc Yacé, dont le mandat de quatre ans a pris fin le 14 octobre dernier. Le Collectif dresse un bilan qu’il qualifie de « catastrophique » et énumère plusieurs griefs à l’encontre du président sortant.

Il dénonce notamment le non-renouvellement de l’agrément de la FITKD auprès du ministère des Sports depuis juin 2023, les difficultés liées à la représentativité internationale de la Côte d’Ivoire et l’absence des athlètes ivoiriens à plusieurs compétitions majeures, notamment les rendez-vous G4 à G12, les championnats du monde et les Grands Prix.

À ces reproches s’ajoutent l’absence de représentants ivoiriens aux assemblées générales de la World Taekwondo depuis 2022, des irrégularités présumées dans la convocation des assemblées générales nationales et des mouvements financiers jugés injustifiés. Le Collectif évoque notamment près de 200 millions de FCFA de sorties de fonds, auxquels s’ajouteraient 59 millions de FCFA dont la justification serait difficile à établir par le trésorier de la fédération.

Un avertissement au président sortant

Le COMSFIT appelle enfin Jean-Marc Yacé à adopter une posture de président en fin de mandat, plutôt que de se considérer comme un dirigeant dont les fonctions auraient été prorogées. Pour ses responsables, le maintien provisoire du président sortant par la tutelle, afin d’éviter un vide institutionnel, ne saurait être assimilé à une prolongation de mandat.

« Il doit être recadré par la tutelle afin de ne pas créer de trouble au sein de la famille du taekwondo par son attitude de défiance à l’égard du ministre que nous n’allons pas tolérer », a averti Me Kouadjan Jean Marie Addé.


Né de la crise qui secoue actuellement la FITKD, le COMSFIT entend peser dans le processus de renouvellement des instances dirigeantes. Son objectif affiché : obtenir une élection transparente et inclusive. Reste à savoir si ses exigences trouveront un écho auprès de la tutelle et si les protagonistes parviendront à faire des assemblées du 15 novembre un véritable rendez-vous de sortie de crise.

Noah Djédjé

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