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Interview/ Moussa Diarra, président de la Fédération ivoirienne de basketball (FIBB): «Nous n’avons aucun sponsor pour l’équipe des Éléphants»

La Fibb a un nouveau siège, quelles sont ses caractéristiques, est-ce de la location ou une propriété de la Fibb? Si c'est une location, combien cela vous coûte-il ?

C’est une villa de 8 pièces. Nous avons de nombreux bureaux, une salle d’attente, une salle de réunion pour accueillir l’ensemble des mandants, une pergola, etc. Ce siège n’est pas encore la propriété de la Fibb, parce que nous allons bâtir un siège plus grand. Ce siège a été aménagé sur les fonds de la Fibb, nous sommes donc en location. S’agissant du coût de la location, permettez-moi de l’annoncer en premier à mes mandants.

La saison régulière du championnat de basketball vient de prendre fin. Vous avez organisé les Play Off, quel bilan faites-vous de l’organisation de cette Ligue d’Or ?

Je voudrais avant tout remercier et féliciter les équipes qui se sont battues durant cette compétition et qui ont fourni un très beau spectacle. Je félicite particulièrement les équipes qui se sont qualifiées pour les demi-finales. Au niveau des hommes, c’est l’ABC, la JCA, la SOA et AZUR. Chez les dames, nous avons la SOA, FBA, ABC et GSPM. Ce plateau offre donc des confrontations âpres et très disputées. Il faut dire que la logique sportive qui a prévalu durant les 22 dernières journées, prévaut encore en Play Off. Ce sont des équipes qui se valent et on ne pourrait d’avance désigner l’équipe qui sera championne. Nous invitons le public à venir nombreux pour cette deuxième partie du championnat qui promet de grosses surprises.

La Côte d’Ivoire attend de décrocher son ticket pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 avec les Éléphants basketteurs. Comment se déroulent les préparatifs du tournoi de qualification pour ces joutes?

La fédération prépare activement ces qualifications. Notre équipe nationale est engagée à Porto Rico, du 2 au 7 juillet dans le tournoi qualificatif pour les JO de Paris. Les Éléphants sont en ce moment en préparation à Bruxelles en Belgique. Ces préparatifs, débutés depuis le 8 juin, prendront fin ce 20 juin 2024. Ils seront ponctués par un match amical, ce 19 juin contre l’équipe nationale de Belgique. Nos Pachydermes vont ensuite s’envoler pour l’Espagne, où la préparation va se poursuivre du 20 au 30 juin.

Au cours de cette préparation, nous aurons une double confrontation face à la République Dominicaine, qui regorge de nombreux talents, de joueurs NBA, comme Carl Antoni. Nous nous préparons donc de la meilleure des manières. Et à l’issue de ces préparations, nous irons à Porto Rico où nous sommes logés dans la même poule avec le Mexique et la Lituanie. Ce sont les deux premiers qui sont qualifiés pour les demi-finales.

Nous devons gagner au moins un match, pour être qualifiés. Ensuite, en cas de qualification pour les demies, nous croisons soit l’Italie soit Porto Rico. Voilà donc le programme dense et exaltant qui attend la Fibb en cette fin de saison, en attendant l’organisation de l’Afrobasket féminin qui aura lieu en Côte d’Ivoire en 2025.

Qu’est-ce qui a motivé le choix des équipes de la Belgique et de la République Dominicaine pour ces préparations ?

La Belgique se prépare à domicile et elle nous a demandé un match, en nous octroyant les infrastructures pour nos entraînements, aux couleurs de notre équipe nationale. S’agissant de la République Dominicaine, il faut dire que cette équipe devait se retrouver en Espagne. Nous nous sommes dit pourquoi ne pas affronter une telle équipe, avec tout son potentiel de joueurs. Nous nous sommes rapprochés des responsables de cette équipe qui nous ont accordé ce match. Dans ces deux pays donc, on nous offre les salles, les commodités, mais nous payons pour le stage. C’est donc la logique sportive qui a guidé ce choix.

S’agissant de l’effectif des Éléphants, pouvez-vous nous rassurer si Mo Bamba, qui a reçu son passeport, a enfin rejoint le groupe ?

Il rejoint le groupe le 20 juin en Espagne. Tous les documents administratifs ont été établis. Il y a également Kevin Yebo qui va rejoindre le groupe dans les jours à venir. Je profite pour vous annoncer qu’Ismaël Kamagaté va rejoindre les Éléphants. Il a été un grand espoir français, qui a joué un match avec l’équipe A de France. Il a été drafté en NBA en 2022 et il est d’origine ivoirienne.

Après le spectacle offert lors des All Stars Game, qu’est-ce qui est prévu pour la finale des Play Off ?

Nous voulons pousser le curseur au niveau du spectacle lors de ces Play Off. Pour les finales, nous avons un enjeu sportif important, qui est la Basketball Africa League (BAL). Nous avons tous les clubs ivoiriens qui veulent y participer. Nous avons aussi Women Basketball Africa League (Wbal) qui se met en place et les équipes féminines également se bousculent. Ce qui nous réjouit encore plus, ce sont les athlètes de niveau international qui évoluent dans notre championnat. L’enjeu sportif est énorme et nous invitons surtout le public à venir massivement pour voir ces grands joueurs se produire.

Avec l’image actuelle du basketball, le pool des sponsors a-t-il évolué ?

Au niveau du sponsoring, nous distinguons deux niveaux. Il y a ceux qui nous ont accompagnés pour le championnat et je voudrais profiter pour les saluer. Le second volet concerne l’équipe nationale et c’est là où nous avons des problèmes. A ce jour, nous n’avons aucun sponsor pour l’équipe nationale. Il est bon que les entreprises locales puissent être un peu plus volontaristes pour accompagner notre équipe nationale. Figurez-vous que nous allons jouer le tournoi qualificatif pour les JO, un tournoi très relevé.

Et nous nous retrouvons à Porto Rico, le maillot de la Côte d’Ivoire sera nu. La Fibb, nous ne sommes pas demandeur de gros montants. J’appelle une fois de plus les entreprises nationales à accompagner la sélection nationale de basketball. Nous avons encore plus de joueurs d’envergure internationale dans notre équipe, et nous avons besoin de moyens pour accroître notre niveau de prise en charge de ces derniers. Je voudrais saluer l’Etat de Côte d’Ivoire à travers le ministère des Sports, qui ne ménage aucun effort pour nous accompagner.

Qu’en est-il des sponsors comme Canal+, Orange et autres ?

Les anciens contrats étant arrivés à terme, nous les avons tous démarchés, mais nous sommes restés face à des murs. Pour qu’il y ait partenariat, il faut deux parties. Nous avons écrit des courriers, nous n’avons jamais eu de réponses, nous n’avons jamais été reçus. Mais le basketball va avancer.

Quelle place occupent les jeunes dans votre politique de développement du basketball ivoirien ?

Avec l’équipe U13, nous étions à Ardres au tournoi Henri-Seux. Nous avons terminé 12e, mieux que notre classement de l’année dernière, mais je ne suis pas satisfait. De là-bas, j’ai envoyé des instructions fermes à la direction technique. La DTN a commencé la détection à travers tout le pays. Nous allons travailler comme par le passé, pour que nous puissions avoir un bon vivier de jeunes talentueux. Nous sommes en train de détecter les enfants de 11-12 ans, mais aussi les 14-15 ans dans la perspective de l’Afrobasket 2026.

Nous allons offrir des moyens à ces enfants à l’intérieur du pays, leur trouver des cadres appropriés pour leur développement. Nous allons également mettre le curricula pour les formateurs. Notre frère Téa Olivia vient d’être admis au concours d’instructeur Fiba, cela va beaucoup apporter à la formation des jeunes. Le basket jeune, c’est notre second challenge et nous allons l’attaquer de plein fouet.

Vous avez annoncé l’Afrobasket féminin 2025, comment vous préparez cette compétition tant au niveau sportif qu’infrastructurels ?

S’agissant du volet sportif, nous sommes en train de nous préparer. Nous avons commencé à recevoir les CV pour mettre en place le staff technique. Les entretiens ont commencé, parce que nous voulons avoir un attelage de coaches de haut niveau pour nous permettre d’aller loin dans cette compétition.

Un staff qui pourrait nous permettre d’attirer les meilleures joueuses. Je ne vais pas vous le cacher, nous voulons bâtir autour de Kariata Diaby. Nous sommes en pourparlers avec elle. Elle a terminé MVP (meilleure joueuse) du championnat de France cette année. A côté d’elle, nous aurons Laetitia Sahié.

Nous allons identifier toutes les joueuses d’origine ivoirienne qui évoluent à l’extérieur. Très bientôt, nous allons dévoiler des noms du staff technique, qui va conduire cette sélection. S’agissant du volet organisationnel, un comité d’organisation sera mis en place et il sera piloté par des personnalités qui auront la mission d’aller chercher des moyens. Au niveau des infrastructures, nous avons déjà eu des séances de travail avec l’Office national des sports (ONS).

Il nous reste un an avant cette compétition, et il nous sera impossible de construire de nouvelles infrastructures. Nous sommes en train de travailler sur la remise à niveau du Palais des Sports de Treichville. Le Bnetd a déjà fait ses études en prenant en compte les normes Fiba. Les éléments avancent très bien, pour une remise à neuf de nos infrastructures.

Réalisée par Noah Djédjé

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