Coupe du monde 2026 : La justice canadienne ferme la porte à Thomas Partey
Coup dur pour les Black Stars à la veille de leur entrée en lice dans la Coupe du monde 2026. La justice canadienne a rejeté, mardi 16 juin, le recours introduit par le gouvernement ghanéen visant à obtenir un visa pour Thomas Partey. Le milieu de terrain manquera ainsi le premier match du Ghana face au Panama, prévu mercredi à Toronto.
Cette décision met un terme à plusieurs jours d'intenses démarches diplomatiques et judiciaires menées par Accra pour permettre à l'un des cadres de la sélection nationale de participer à cette rencontre décisive du groupe L.
Une bataille judiciaire perdue
Selon le média public canadien CBC, la Cour fédérale du Canada a confirmé la position des autorités migratoires, qui avaient refusé l'entrée sur le territoire à l'ancien joueur d'Arsenal en raison de la procédure pénale en cours à son encontre au Royaume-Uni.
Thomas Partey, aujourd'hui âgé de 32 ans et évoluant à Villarreal en Espagne, fait face à sept chefs d'accusation de viol et à une accusation d'agression sexuelle. Les faits présumés concernent quatre femmes et remonteraient à la période 2020-2022, lorsqu'il portait les couleurs d'Arsenal. Le joueur a plaidé non coupable et conteste fermement l'ensemble des accusations. Son procès est prévu en 2027.
Estimant cette décision « extrêmement injuste », le gouvernement ghanéen avait dénoncé le fait qu'un refus de visa puisse être fondé sur des accusations non encore jugées. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a rappelé que le principe de présomption d'innocence devait être pris en compte. « Tout en respectant le droit souverain du Canada d'appliquer ses lois en matière d'immigration, le Ghana estime que le fait de se fonder sur des accusations non prouvées en l'absence d'une décision judiciaire soulève des questions fondamentales d'équité et de proportionnalité », a souligné le ministère.
Le Ghana contraint de s'adapter
Actuellement présent à Boston avec le reste de la délégation ghanéenne, Thomas Partey ne pourra donc pas effectuer le déplacement à Toronto pour affronter le Panama. En revanche, il pourrait être disponible pour les deux autres rencontres du groupe, disputées aux États-Unis : contre l'Angleterre puis face à la Croatie, à Philadelphie.
Le sélectionneur Carlos Queiroz avait d'ailleurs anticipé cette éventualité.
« L'affaire est en cours. Il n'y a pas lieu de faire des commentaires. Quelle que soit la décision, notre équipe sera prête », avait-il déclaré devant la presse.
La FIFA en retrait
Interrogée sur ce dossier sensible, la FIFA a indiqué ne jouer aucun rôle dans les procédures d'immigration appliquées par les pays hôtes. De son côté, le gouvernement canadien a réaffirmé que l'organisation d'événements sportifs internationaux ne modifiait en rien l'application de ses lois.
« Chaque personne souhaitant venir au Canada fait l'objet d'une évaluation individuelle, fondée sur les faits disponibles et la loi applicable », a rappelé un porte-parole du ministère canadien de l'Immigration.
Au-delà de l'impact sportif, cette affaire met en lumière les défis juridiques et diplomatiques auxquels peuvent être confrontées les sélections nationales lors d'une compétition organisée sur plusieurs territoires. Pour le Ghana, l'heure est désormais à la mobilisation afin de réussir son entrée dans le Mondial malgré l'absence de l'un de ses joueurs les plus expérimentés.
Noah Djédjé
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