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Centre de formation Moriba Hassan (CFMA) à Yopougon: Quand le football se met au service des défavorisés

C’est l’ambition première qui a guidé Diomandé Moriba Hassan dans la création du Centre de formation de football Moriba Hassan (CFMA) en 2014. Comment, à travers les valeurs du football, parvenir à canaliser les enfants des quartiers défavorisés, comment les aider à s’extraire des vices de la drogue, du banditisme et autres.

Avec 90 pensionnaires à charge, on peut dire que la mission est en passe d’être réussie. Et comme tous les jours d’entraînement, ce mercredi 19 juin 2024, sur la terre battue du terrain Koné Idrissa à Yopougon-Base CIE, les apprenants du CFMA sont au rendez-vous. Dans les ateliers disposés en fonction des catégories, coach Hassan s’évertue à enseigner les bases du football à ces gamins. Président-Fondateur, coach, psychologue, Diomandé Moriba Hassan doit jouer tous ces rôles et la plupart du temps, celui de père de tous ces enfants qui partagent tous un même rêve :

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devenir footballeur professionnel. C’est à défaut d’avoir pu réaliser le sien, que le jeune président de ce centre de formation de football a décidé de se mettre au service de ces jeunes frères, afin de leur permettre de réaliser le leur.

«L’idée de créer ce centre je l’avais depuis très longtemps. Etant donné que les choses n’allaient pas comme on le souhaitait, j’ai pris la décision d’arrêter ma carrière et de me consacrer à la formation des enfants. L’un de mes objectifs étant de permettre à ces gamins de sortir de la précarité et aussi de les détourner de certains vices tels que la drogue, l’alcool, la facilité et le banditisme», explique-t-il. «J’ai eu des problèmes de santé, c’est ce qui m’a contraint à arrêter le football», confie Hassan.

Une notoriété qui dure 10 ans

Après 10 ans d’existence, le Centre de formation Moriba Hassan jouit d’une petite notoriété qui lui permet d’attirer des âmes. Le CFMA compte à ce jour 90 pensionnaires répartis dans 4 catégories (U8 ; U11 ; U14 ; U18). Tanoh Kouamé, alias Robben, est l’un des virtuoses du centre. Avec son pied gauche magique, le gamin de 12 ans est capable de réaliser des exploits, aux dires de ses encadreurs et de ses coéquipiers. Ce n’est pas pour rien qu’il porte le brassard de son équipe en catégorie pupille (U11-13).

«Moi, je rêve de devenir footballeur professionnel un jour et de jouer comme Messi», confie-t-il. Ici, l’enseignement est primordial. Comme la plupart de ses coéquipiers, Robben, pensionnaire du centre depuis 2020, est un brillant élève, qui passe en classe de 4e avec 14 de moyenne. Dans son rôle de capitaine, dit-il, «sur le terrain, j’encourage mes camarades, je leur demande de faire de leur mieux. Avant de commencer, c’est aussi moi qui dirige la prière».

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De nombreuses petites filles en formation

A seulement 12 ans, Tanoh Kouamé connaît déjà le goût de l’effort. Se réveiller tous les matins, aller à l’école et venir les mercredis et samedi à l’entraînement, assure-t-il, «je suis habitué. Ça ne me dit rien. Je suis même content de venir à l’entraînement. J’ai promis à mes parents de revenir les chercher quand je vais signer dans un grand club comme Manchester City». Le CFMA peut se targuer d’avoir déjà contribué à la formation de joueurs déjà devenus professionnels et qui évoluent même à l’international.

«Depuis 2014, nous avons eu la chance de former quelques joueurs qui ont pu se frayer un chemin. Il y a le jeune Achi Akilass qui évoluait du côté de la Norvège et qui nous a malheureusement quittés récemment. Il y a aussi Kéïta Check qui est en Italie en ce moment. Il y a une fille, Bleu Espérance, qui a terminé meilleure buteuse au Maroc, la saison dernière et qui se retrouve aujourd’hui en Arménie. Je suis toujours en contact avec mes joueurs et leurs parents», précise le président. Au CFMA, la formation est presque gratuite. Les parents des apprenants doivent juste fournir les équipements de leurs progénitures avant de démarrer.

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«Je l’ai dit, la plupart des enfants viennent des quartiers défavorisés, et nous ne pouvons leur exiger quoi que ce soit. Notre objectif est qu’ils ne sombrent pas dans les vices, sous le prétexte qu’ils n’avaient pas les moyens de venir au centre. Mon rêve, c’est de permettre à ces enfants de réaliser ce que je n’ai pas pu en tant que footballeur. Ma fierté serait qu’on dise un jour, qu’un tel football a été formé au CFMA. Ce serait une victoire pour moi. Aujourd’hui, en dehors de la maison, je suis comme un parent pour tous ces enfants», se définit le président fondateur.

Et à l’en croire, depuis une décennie, «nous avons quand même réussi à canaliser certains parmi eux, tout en leur inculquant des valeurs, du travail, du goût de l’effort et de la victoire, qu’incarnent le football. Devant l’espoir que j’incarne pour ces enfants, je me dois de me battre pour pérenniser le centre».

OSA fait des émules

De l’espoir, certes, mais le président Diomandé Moriba Hassan et ses collaborateurs (3 coaches), ont aussi beaucoup d’ambitions. «La saison prochaine, nous avons l’ambition de joueur le championnat de District. Nous cherchons toujours des partenaires pour nous aider à avancer. Notre objectif à long terme, c’est de devenir un grand club de ce pays. OSA, c’est une fierté pour tous les centres de formation qui aspirent au haut niveau», fait-il savoir.

Et comme les grands clubs ambitieux, Hassan vient de créer une équipe féminine. «Nous avons intégré les filles, à cause de la demande. Plusieurs filles venaient s’entraîner avec les garçons, et vu l’engagement de certaines qui venaient d’Abobo pour s’entraîner, nous avons créé l’équipe féminine», informe M. Diomandé. Cette équipe compte pour l’heure 6 joueuses et Kouadio Ahou Clémence, 14 ans, est l’une des pionnières. Elle a le football dans la peau et dans le sang.

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«Depuis toute petite, j’aime le football et mon idole c’est Cristiano Ronaldo. Je suis ici depuis quelques mois. La formation se passe bien, nous nous entraînons ensemble avec les garçons, ça va bien. On se bat tous au même titre», apprend-elle.

Mon rêve, poursuit la jeune apprenante, «c’est d’être footballeuse professionnelle, jouer un jour pour l’équipe des Éléphantes». Et elle peut compter sur le soutien de ses parents : «à la maison, mes parents m’encouragent. Maman me dit de persévérer si c'est le choix que j’ai fait. Elle me demande de bien travailler à l’école également». Pour continuer de servir ces enfants, le président du CFMA appelle les bonnes volontés à l’aider à avoir un terrain adéquat ainsi que des infrastructures.

Noah Djédjé

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