Burkina Faso – Côte d’Ivoire Un duel annoncé, une démonstration confirmée
Présenté comme l’un des chocs les plus indécis des huitièmes de finale, l’affrontement entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire avait tout d’un duel au sommet en Afrique de l’Ouest. Rivalité régionale, qualité des effectifs et enjeux sportifs faisaient de cette rencontre un véritable test de maturité pour les deux sélections. Si les Éléphants sortaient d’un premier tour en demi-teinte, les Étalons nourrissaient l’ambition de bousculer le tenant du titre. Sur le terrain, la réalité a cependant été sans appel. Avant la rencontre, l’ancien international burkinabè Alain Traoré avait parfaitement cerné les clés du match.
Pour lui, tout devait se jouer dans l’efficacité dans les deux surfaces et dans la bataille du milieu de terrain. Une analyse lucide, tant le Burkina Faso avait montré des limites offensives lors de ses sorties précédentes, notamment face à l’Algérie, malgré une solidité défensive appréciable.
Mais face à la Côte d’Ivoire, les Étalons n’ont jamais réussi à répondre aux exigences évoquées par leur ancien capitaine. Dominés dans l’entrejeu, ils ont subi le tempo imposé par des Ivoiriens bien plus justes techniquement et tactiquement. La maîtrise ivoirienne au milieu du terrain a étouffé toute velléité burkinabè de construction du jeu, confirmant l’une des principales inquiétudes soulevées par Traoré avant le coup d’envoi.
Les Éléphants, eux, ont affiché un visage totalement différent de celui montré lors de leurs débuts poussifs dans la compétition. Collectivement solides, disciplinés dans le pressing et inspirés dans les transitions, ils ont livré une prestation aboutie. Individuellement, plusieurs cadres ont élevé leur niveau de jeu, à l’image d’Amad Diallo, véritable poison pour la défense adverse, et d’un Yan Diomandé très juste dans ses déplacements.
Contrairement aux attentes burkinabè, l’avantage supposé en attaque ne s’est jamais matérialisé. Privés de ballons exploitables, les attaquants des Étalons ont été neutralisés par un bloc ivoirien compact et solidaire. La Côte d’Ivoire, elle, a su se montrer clinique dans les moments clés, pliant le match dès la première période avant de gérer avec sérénité.
Au final, ce huitième de finale a confirmé une vérité implacable : face à une équipe ivoirienne bien organisée, produire du jeu ne suffit pas, encore faut-il en avoir les moyens. Les Éléphants, en patrons, ont rappelé pourquoi ils restent l’un des grands favoris de cette CAN.
Noah Djédjé
- Vues : 93
