Arbitrage ivoirien : La révolution Doué Noumandiez en marche
Sanctions, remise à niveau et contrôle des performances : la nouvelle équipe dirigeante de la Commission centrale des arbitres (CCA) affiche sa volonté de restaurer la crédibilité de l’arbitrage ivoirien. Les premières décisions sont tombées après les insuffisances relevées lors du match Siguilolo FC-LYS Sassandra. Reste désormais à transformer cette fermeté affichée en changement durable.
L’arbitrage ivoirien serait-il à l’aube d’un nouveau départ ? Longtemps décrié pour des décisions controversées et des insuffisances ayant alimenté la défiance des acteurs du football, le corps arbitral national semble engagé dans une nouvelle dynamique. À la tête de la Commission centrale des arbitres (CCA), Désiré Noumandiez Doué entend visiblement imprimer sa marque, avec une exigence accrue dans l’évaluation des prestations et le traitement des manquements.
Des sanctions pour marquer une rupture
Le signal est venu de la rencontre entre Siguilolo FC et le LYS Sassandra (1-1), disputée le 19 octobre au stade annexe de Bouaké, dans le cadre de la quatrième journée de Ligue 2. À l’issue de son examen du match, la CCA a estimé que certaines décisions arbitrales avaient eu une incidence sur le résultat final. Conséquence : Mohamed Touré, arbitre central, et Serge Pâcome Kouadio, deuxième assistant, sont suspendus de toute désignation pour les six prochaines journées du championnat. Boris Diomandé, premier assistant, et Boda Amonan, quatrième officiel, écopent, quant à eux, d’un avertissement. Ces mesures traduisent une volonté de responsabiliser les officiels. Désormais, une prestation jugée insuffisante ne semble plus devoir rester sans conséquence. Pour une discipline où l’autorité et la crédibilité des arbitres sont essentielles, cette fermeté constitue un premier signal.
La sanction ne suffit pas
Au-delà des suspensions, la CCA impose aux deux officiels sanctionnés des exercices théoriques et pratiques de mise à niveau. Leur retour à la compétition dépendra des résultats obtenus à l’issue de cette phase de travail. Une approche qui associe sanction et formation, plutôt que de réduire la réponse disciplinaire à une simple mise à l’écart. Cette démarche pourrait contribuer à améliorer les compétences techniques des arbitres et à renforcer leur capacité à prendre les bonnes décisions sous pression. Elle pose toutefois une exigence : celle d’appliquer les mêmes critères d’évaluation à l’ensemble du corps arbitral, dans un souci de cohérence et d’équité.
Une révolution à confirmer sur le terrain
La méthode Doué Noumandiez est désormais attendue sur sa capacité à installer une culture de performance et de responsabilité. Car la crédibilité de l’arbitrage ne se décrète pas à travers des sanctions ponctuelles. Elle se construit par la formation continue, la transparence dans les décisions disciplinaires, l’harmonisation des critères d’évaluation et la constance dans leur application.
La nouvelle équipe de la CCA a donc posé un premier acte. Mais le véritable chantier commence maintenant : faire de cette fermeté une règle de gouvernance, et non une réaction isolée. Pour convaincre durablement les clubs, les joueurs et les supporters, la révolution annoncée devra se mesurer à la qualité des prestations arbitrales sur les pelouses ivoiriennes. C’est à cette condition que le changement de méthode pourra devenir un véritable changement d’époque.
Noah Djédjé
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