
Afrobasket féminin 2025 : La Côte d'Ivoire a-t-elle pris la pleine mesure de l'organisation ?
La Côte d'Ivoire s'apprête à accueillir l'Afrique pour l'Afrobasket féminin 2025, prévu du 25 juillet au 3 août. Après le succès retentissant de la CAN 2023, qui a démontré la capacité du pays à organiser un événement sportif de grande envergure, les attentes sont naturellement élevées. Pourtant, à quatre mois du coup d'envoi, l'organisation du tournoi de basketball féminin suscite des interrogations.
Un retard inquiétant dans la préparation
Contrairement à l'élan observé pour la CAN, la visibilité sur les préparatifs de l'Afrobasket féminin demeure faible. À ce jour, aucune avancée notable n’est perceptible sur le plan des infrastructures. La seule enceinte actuellement capable d’accueillir des rencontres de haut niveau, le Dôme du Palais des Sports de Treichville, attend toujours d’être réhabilitée. Quant aux nouvelles salles promises pour l'événement, leur construction n’a pas encore débuté.
Ce retard alimente les doutes au sein de la communauté du basketball ivoirien. L'État a-t-il réellement pris la pleine mesure de cet engagement continental ? Si le président de la Fédération Ivoirienne de Basketball (FIBB), Moussa Diarra, affiche un certain optimisme, la réalité du terrain est préoccupante.
Un comité d'organisation tardivement mis en place
Le comité d’organisation vient à peine d’être mis en place et présenté au ministre des Sports. À quatre mois du début de la compétition, la lenteur administrative et logistique pourrait avoir des conséquences sur la qualité de l'événement. Selon Moussa Diarra, les préparatifs sont structurés autour de trois axes dont la constitution et la préparation de l’équipe nationale. A ce niveau la FIBB a déjà engagé des missions en Europe et en Afrique pour superviser les talents.
Des contacts ont été établis avec les joueuses évoluant aux États-Unis.
Sur l’organisation générale de l’événement, un comité d’organisation en coordination avec la FIBA Afrique a été mis sur pied. S'agissant des infrastructures sportives, cette responsabilité incombe au ministère des Sports via l’Office national des sports (ONS). Si la gestion de l’équipe nationale avance, le retard dans les infrastructures et l’absence de financement effectif préoccupent les dirigeants du basketball ivoirien.
Un appel urgent à l’implication de l’État
En théorie, l’Afrobasket féminin fait partie des compétitions budgétisées et financées par l’État ivoirien. Cependant, selon le président de la FIBB, les budgets ont bien été envoyés aux autorités, mais aucun retour concret n’a été enregistré jusqu’ici.
"Si la Côte d’Ivoire veut être championne d’Afrique, elle devra nous donner les moyens nécessaires pour viser ce titre. Autrement, ce sera difficile, malgré cette équipe truffée de talents", insiste Moussa Diarra.
L’organisation d’un événement de cette ampleur ne se limite pas à la simple mise en place d’un tournoi. Elle représente une opportunité stratégique pour la Côte d’Ivoire de renforcer son image sur la scène sportive africaine et internationale.
À quatre mois du début de la compétition, il est urgent que les autorités ivoiriennes donnent un signal fort en accélérant les préparatifs, notamment sur le plan des infrastructures et du budget. Sans cela, la Côte d’Ivoire risque de manquer l’occasion de confirmer son statut de terre d’accueil des grandes compétitions sportives africaines.
Noah Djédjé
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