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Frères de sang, maillots différents : Quand le football sépare les fratries

Le football moderne, influencé par la mondialisation et la diversité des nationalités, voit de plus en plus de fratries évoluer sous des couleurs différentes sur la scène internationale. Que ce soit par choix personnel, opportunité de carrière ou contraintes administratives, ces joueurs, liés par le sang, défendent pourtant des drapeaux distincts.

Des parcours divergents malgré une même origine

Longtemps, les frères dans le football ont suivi des trajectoires identiques, portant le même maillot national, à l’image des jumeaux De Boer (Pays-Bas) ou des frères Touré (Côte d’Ivoire). Mais aujourd’hui, il est fréquent de voir des fratries se scinder en deux sélections différentes. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène : l'immigration, la naturalisation et les opportunités sportives. Prenons l’exemple des frères Désiré et Guéla Doué. Nés en France de parents ivoiriens, ils auraient pu choisir la même sélection. Pourtant, Désiré défend les couleurs des Bleus, tandis que son frère a opté pour la Côte d’Ivoire. Une situation similaire à celle de Serge et Wilfried Gnabry, où Serge, star du Bayern Munich, a choisi l'Allemagne, alors que Wilfried a représenté la Côte d'Ivoire chez les jeunes.

Un choix entre le cœur et la raison

Pour certains, le choix de la sélection nationale est une affaire de cœur. Max-Alain Gradel, pilier des Éléphants de Côte d’Ivoire, a privilégié le pays de ses origines, tandis que son frère Christian Gradel a évolué avec les équipes de jeunes de la France. Un cas qui illustre l’hésitation entre l’attachement familial et les opportunités de carrière.
D'autres, comme Iñaki et Nico Williams, ont fait un choix différent : l’aîné, Iñaki, après avoir longtemps espéré une convocation avec l’Espagne, a finalement rejoint le Ghana, pays de ses parents. Nico, lui, continue de défendre les couleurs espagnoles.

Quand l’administration s’en mêle

Le règlement FIFA a également joué un rôle dans ces situations. Pendant longtemps, un joueur ayant disputé un match officiel avec une sélection ne pouvait plus en changer. Mais des assouplissements récents ont permis à certains joueurs de rejoindre la sélection de leurs origines. Munir El Haddadi, par exemple, a joué en jeunes pour l’Espagne avant de pouvoir représenter le Maroc.

Des confrontations qui marquent l’histoire

Ces fratries séparées par les sélections peuvent se retrouver face à face lors de compétitions internationales. Ce fut le cas des frères Jérôme et Kevin-Prince Boateng, qui se sont affrontés en Coupe du Monde : Jérôme avec l'Allemagne et Kevin-Prince avec le Ghana. Un duel chargé d’émotions, à la croisée des destins familiaux et des ambitions nationales.

Un phénomène qui ne fera que s’accentuer

Avec l’essor du football dans de nombreuses nations et la double nationalité de plus en plus répandue, ces cas de fratries aux choix divergents devraient se multiplier. Le football mondial évolue, et avec lui, les trajectoires des joueurs, qui doivent jongler entre attachement familial, perspectives de carrière et opportunités sportives.
Le football est un sport d’émotions et de décisions difficiles, où parfois, même les liens du sang ne suffisent pas à unir sous le même drapeau. Mais qu'importe la sélection, ces joueurs partagent toujours une passion commune et le talent qui les a menés au sommet.

Noah Djédjé

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