Élection à la FIF : Le G45 hausse le ton et menace de bloquer l’AG du 12 septembre
Ce qui n’était encore que des rumeurs de mécontentement est désormais affiché au grand jour. À l’approche de l’élection à la présidence de la Fédération ivoirienne de football (FIF), prévue le 12 septembre 2026, 45 clubs se sont regroupés au sein d’un mouvement baptisé G45 et entendent faire entendre leur voix.
Joint ce mercredi matin, par le truchement d'un confrère, l’un des porte-parole du mouvement a confirmé la mobilisation et prévenu : « Nous sommes 45 clubs qui voulons l’amélioration de la subvention. Nous pouvons bloquer l’AG du 12 septembre. »
Cette fronde intervient dans un contexte particulier, marqué par le rapprochement entre les camps de Yacine Idriss Diallo et de Malick Tohé. Après le ralliement de ce dernier au président sortant, les premières contestations ont commencé à circuler dans le milieu du football ivoirien. Elles prennent désormais la forme d’une revendication collective.
Jusqu’à 300 millions de FCFA pour la Ligue 1
Au cœur de la colère : le montant des subventions accordées aux clubs. Le G45 réclame une revalorisation substantielle, avec des montants qui varient selon les divisions. Les clubs demandent ainsi 300 millions de FCFA pour chaque pensionnaire de Ligue 1, contre 100 millions actuellement. Pour la Ligue 2, ils réclament 200 millions, tandis que les clubs de Division 3 souhaitent bénéficier d’une enveloppe annuelle de 100 millions de FCFA. Pour ces dirigeants, ces revendications répondent aux réalités économiques auxquelles leurs clubs sont confrontés. Mais la question de leur faisabilité financière et de leur cadre juridique reste posée. Cela dit, cette revalorisation souhaitée repose sur les dividendes obtenus à la CAN Maroc 2026 et le Mondial 2026.
« Pas d’argent, pas d’AG »
Le ton est désormais ferme. Les membres du G45 posent même un ultimatum : « Pas d’argent, pas d’AG le 12 septembre 2026. » Une menace qui pourrait perturber le processus électoral si le mouvement parvenait effectivement à empêcher la tenue de l’Assemblée générale devant conduire à l’élection du nouveau président de la FIF. Pour rappel, à l’issue de la période de dépôt des candidatures, la liste conduite par Yacine Idriss Diallo est la seule à avoir été enregistrée, après le rapprochement avec Malick Tohé le 10 août dernier.
La FIF tente de calmer le jeu
Face à la montée de la contestation, des discussions ont déjà été engagées en coulisses entre des responsables de la FIF et certains leaders du G45. Parmi les interlocuteurs, Salif Bictogo, chargé de la Ligue 1 dans l’équipe de campagne, aurait notamment pris langue avec plusieurs dirigeants. La proposition de la FIF est claire : laisser la campagne et l’élection se dérouler avant d’ouvrir le dossier de la revalorisation des subventions. « On ne peut pas augmenter une subvention comme ça, sans AG. Il faudrait attendre après l’élection et le comité exécutif élu se penchera sur ce problème en AG », fait valoir la FIF.
Le G45 ne veut rien entendre
Une position qui ne convainc pas les clubs frondeurs. Pour eux, la Fédération peut parfaitement convoquer une réunion urgente si la situation l’exige.
« Si, sachant qu’il y a une seule liste qui sera élue, vous vous êtes réunis pour recruter un entraîneur, ce qui n’est en rien une affaire courante, alors vous pouvez vous réunir en urgence aussi pour augmenter nos subventions », rétorquent-ils. À moins d’un mois du scrutin, le bras de fer est donc engagé. Entre la volonté de la FIF de maintenir le calendrier électoral et la détermination du G45 à obtenir des garanties financières avant le vote, l’élection du 12 septembre s’annonce déjà sous haute tension.
Noah Djédjé
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