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Basket-ball / 1982 : 3e titre de l'URSS, Doc Rivers brille et Sabonis se révèle

Campeonato Mundial

Mies (Suisse) - La Coupe du Monde FIBA est retournée aux Amériques en 1982, la Colombie se voyant confier l'organisation du tournoi mondial. L'URSS a une nouvelle fois dominé la compétition, remportant un 3e titre suite à sa victoire contre les USA en finale. La Yougoslavie a complété le podium.

Soviétiques et Américains, rivaux de la guerre froide de l'époque, ont offert une finale riche en suspense, décidée dans les tout derniers instants (95-94), qui a permis aux Européens de devenir les premiers à remporter le sacre mondial à trois reprises. La Yougoslavie, alors championne en titre, s'est inclinée tant contre les USA que contre l'URSS durant le tour final mais elle a conclu l'événement sur une note positive en s'imposant face à l'Espagne dans le match pour la 3e place, montant ainsi pour la 6e fois consécutive sur le podium.

Cette Coupe du Monde FIBA 1982, alors connue sous le nom de Championnat du monde FIBA, a été organisée en Colombie, un pays qui a fait à cette occasion ses débuts dans la compétition. Les matchs se sont joués du 15 au 28 août à Cali, Bogota, Medellin, Bucaramanga et Cucuta.

Après deux éditions à 14 équipes participantes, celle-ci en a réunies 13 : Colombie (hôte) ; Yougoslavie (championne du monde en titre) ; URSS, Espagne et Brésil (trois équipes qualifiées à l'issue des JO de 1980 , dont elles ont pris les 3e, 4e et 5e places, mais qui ont profité de la qualification de la Yougoslavie et du forfait de l'Italie, celle-ci refusant de prendre part au tournoi mondial parce que les dates coïncidaient avec le début du championnat d'Italie 1982-83) ; Tchécoslovaquie (1re des viennent-ensuite du FIBA EuroBasket) ; Uruguay (champion d'Amérique du Sud) ; Panama (champion du CentroBasket) ; Chine (championne d'Asie) ; Côte d'Ivoire (championne d'Afrique) ; Australie (championne d'Océanie) ; USA et Canada, invités.

Après deux Coupes du Monde FIBA où les champions en titre ont été exemptés de premier tour, le format a changé, seule la nation hôte se qualifiant directement pour le tour final. Les 12 autres équipes ont été réparties dans trois groupes de quatre, selon le mode "round robin". Les deux meilleures de chacun d'entre eux se sont qualifiées pour le tour final. À la fin de celui-ci, les deux meilleures se sont affrontées en finale, tandis que les 3e et 4e ont lutté pour la médaille de bronze.

Sans surprise, l'URSS et la Yougoslavie ont gagné leurs groupes du 1er tour, alors que l'Espagne a créé la sensation en terminant à la 1re place du Groupe A grâce à son triomphe contre les USA (109-99). L'Australie (victorieuse du Brésil 75-73) et le Canada (vainqueur de la Tchécoslovaquie 104-99) ont accompagné les USA dans le tour final comme 2es de leurs groupes respectifs.

Dos au mur à cause de la défaite encaissée au 1er tour, les USA ont réagi avec brio en disposant de la Yougoslavie (88-81) lors de leur 1er match du tour final. À nouveau battue trois jours plus tard par l'URSS (99-94), la sélection yougoslave a vu ses chances de titre rapidement s'envoler. Lors de l'avant-dernière journée du tour final, les USA ont fait plier l'URSS (99-93), un résultat qui a décidé de l'identité des finalistes : URSS et USA !

La Yougoslavie et l'Espagne se sont retrouvées pour la "petite finale", Drazen Dalipagic et Dragan Kicanovic combinant pour 39 points afin d'aider la Yougoslavie à arracher un succès étriqué (119-117) face aux Espagnols. Avec cette victoire, les Yougoslaves sont montés pour la 6e fois consécutive sur le podium mondial.

Les USA et l'URSS se sont livré une formidable bataille en finale, les deux équipes menant tour à tour au score à de multiples reprises. Au terme d'un match intense, les Soviétiques ont eu le dernier mot (95-94). Anatolij Myshkin a terminé meilleur marqueur de la rencontre avec 29 points, tandis que Glenn "Doc" Rivers a totalisé 24 points pour les Américains. Ce titre de l'URSS est venu s'ajouter à ceux conquis en 1967 et en 1974.

Le meilleur joueur : Glenn "Doc" Rivers

Pour la 4e fois sur les 5 dernières éditions, le titre de MVP n'est pas revenu à un joueur couronné champion du monde : c'est en effet l'Américain Glenn "Doc" Rivers, médaillé d'argent, qui a reçu cette distinction.

Rivers a été le leader de l'une des équipes des USA les plus solides depuis longtemps en Coupe du Monde FIBA. Le futur joueur et coach NBA a commencé le tournoi en douceur, ne marquant que 9 et 10 points lors de ses deux premiers matchs contre la Chine et le Panama. Ses 18 points n'ont ensuite pas suffi à éviter la défaite face à l'Espagne durant le 1er tour.

Il a inscrit 18 points dans ses deux premiers matchs du tour final - contre la Yougoslavie et la Colombie - puis 13 contre le Canada. Dans le précieux succès face à l'URSS, Rivers a marqué 23 points, finissant le tour final avec 18 points contre l'Australie. En finale contre l'URSS, Rivers a totalisé 24 points, ceux-ci ne suffisant toutefois pas pour offrir le titre mondial aux USA.

Rivers a été rejoint dans le "5 majeur" du tournoi par les Soviétiques Vladimir Tkachenko et Anatolij Myshkin, le Yougoslave Dragan Kicanovic et l'Espagnol Juan Antonio San Epifanio (alias "Epi").

Le meilleur match : la finale URSS vs USA

Avec la Yougoslavie hors course, le titre mondial de 1982 allait se jouer entre les USA et l'URSS. Les Américains rêvaient de reconquérir un sacre plus gagné depuis 1954, alors que les Soviétiques aspiraient à devenir les premiers à monter pour une 3e fois sur la plus haute marche du podium. Les deux équipes s'étaient affrontées deux jours plus tôt, un match que les USA se devaient de gagner pour espérer disputer la finale, chose qu'ils avaient faite (99-93), derrière les 64 combinés de Rivers, Mitchell Wiggins et Jim Thomas.

En finale, Myshkin a aidé l'URSS à prendre les devants (33-20). Les performances offensives de Rivers et de Jon Sundvold conjugués à celles en défense d'Earl Jones et d'Antoine Carr ont permis aux USA de scorer un partiel de 17-6 pour passer en tête juste avant la mi-temps (45-44), les Américains regagnant les vestiaires avec une légère avance (49-47).

Au retour sur le terrain, les Américains ont pris le meilleur départ (61-55). Les Soviétiques ont cependant répondu en renversant la situation pour mener 80-73. Ils ont compté 6 points d'avance (95-89) à 70 secondes de la fin du match, mais Rivers a inscrit un panier et Thomas a réussi une action à trois points pour revenir à 95-94 alors qu'il restait 25 secondes à jouer.

Les USA sont parvenus à forcer un entre-deux à 9 secondes du terme, récupérant immédiatement le ballon. Démarqué sur l'aile droite, Rivers a eu le tir de la gagne, mais il a échoué dans sa tentative, les Soviétiques pouvant laisser exploser leur joie suite au gain de leur 3e titre mondial.

Myshkin a fini meilleur marqueur avec 29 points, Valdis Valters en a ajoutés 13 et Andrej Lopatov 11, tandis que Rivers a inscrit 24 points et que Sundvold et Wiggins ont tous les deux marqué 16 points pour les USA.

La plus belle histoire : le jeune Sabonis (17 ans) marque 28 points contre la Colombie

Ce titre conquis en 1982 sera le dernier de l'URSS dans la compétition mais il est aussi important car il a permis de découvrir le talentueux Arvydas Sabonis, future légende du basketball international. Le géant (2.21 m) natif de Kaunas n'avait pas encore 18 ans lorsque le coach soviétique Alexander Gomelsky a décidé de le faire entrer en jeu contre la Colombie.

« J'avais été extrêmement surpris d'entrer en jeu » reconnaît Sabonis dans le documentaire sur l'histoire de la Coupe du Monde FIBA diffusé en 2019.

Le jeune Sabonis avait pu s'aguerrir au contact de joueurs comme l'impressionnant Vladimir Tkatchenko, alors âgé de 25 ans et comptant parmi les leaders de l'équipe. Sabonis n'a pris part qu'à cinq matchs, mais ceux-ci ont suffi pour montrer tout son potentiel. Il a marqué 10 points dans son tout premier match de Coupe du Monde FIBA - un large succès contre la Côte d'Ivoire (129-80) - puis il a totalisé 6 points sur les deux matchs contre l'Australie et le Canada.

Gomelsky a ensuite donné beaucoup de temps de jeu à sa pépite dans la démonstration face à la Colombie (143-76) durant le tour final, Sabonis saisissant sa chance pour inscrire 28 points. Après cela, Sabonis n'est entré en jeu plus qu'une seule fois, contre les USA (4 points) en clôture du tour final. Il a conclu le tournoi avec une moyenne de 9.6 points par match.

La meilleure performance : Rolando Frazer

Le Panaméen Rolando Frazer a tourné avec la meilleure moyenne de points marqués avec 24.4 points en sept matchs. Frazer, qui avait porté son pays un an plus tôt vers un premier titre au CentroBasket depuis 1969, a commencé le tournoi avec 18 points contre l'Espagne. Il a enchaîné avec 29 points contre les USA et 31 points contre la Chine.

Frazer a poursuivi sur sa lancée dans les matchs de classement pour les places 8 à 13, totalisant d'abord 17 points contre la Côte d'Ivoire et 19 points contre l'Uruguay, puis 27 points contre le Brésil. Il a conclu la compétition avec un match à 30 points contre la Tchécoslovaquie (défaite 89-87), le Panama terminant au 9e rang final.

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